L'Équateur est un pays d'une diversité exceptionnelle. Des sommets andins aux îles Galápagos, en passant par la forêt amazonienne et les villes coloniales, il offre une incroyable variété de paysages et d'expériences sur un territoire relativement compact.
C'est précisément cette diversité qui m'a donné envie d'y passer un mois en juin 2026. Au cours de ce voyage, j'ai marché au pied de volcans culminant à plus de 5 000 mètres d'altitude, gravi le Cotopaxi, découvert l'Amazonie primaire, observé la faune et la flore extraordinaires des Galápagos et flâné dans des villes coloniales classées au patrimoine mondial.
Difficile de croire que tout cela se trouve dans un pays deux fois plus petit que la France. Et pourtant, c'est exactement ce que l'Équateur m'a offert en un mois de voyage.
Mon itinéraire d'un mois
Pour découvrir les différentes régions de l’Équateur, j’ai construit un itinéraire mêlant Andes, Amazonie et Galápagos. Je suis retourné plusieurs fois à Quito, notamment à cause d’une petite mésaventure en cours de voyage, et j’ai également fait le choix de ne pas me rendre sur la côte.
Voici le parcours que j’ai suivi pendant ces 30 jours au mois de juin 2026:
- Quito (2 jours)
- Amazonie (4 jours)
- Acclimatation à Punanti, autour du Cayambe (6 jours)
- Quito (1 jour)
- Boucle de Quilotoa (2 jours)
- Parc national du Cotopaxi (2 jours)
- Cuenca (4 jours)
- Riobamba (1 jour)
- Quito (1 jour)
- Îles Galápagos (7 jours)
Quito (2 jours)
J’arrive à Quito tôt le matin, encore un peu fatigué du voyage. La ville se dévoile lentement pendant le trajet vers le centre : immense, encaissée entre les montagnes, déjà très vivante malgré l’heure matinale.
Une fois installé, je pars rapidement prendre un premier desayuno. C’est là que je découvre les humitas, une sorte de pâte à base de maïs et de fromage, que je ne tarderai pas à adopter 😍.
Quelques minutes plus tard, je retrouve Carlotta de Tout Équateur pour mon briefing de début de voyage. C’est le vrai point de départ de mon mois en Équateur. On reprend ensemble l'itineraire que j'ai prévu et me elle me donne plein de conseil !
Je passe ensuite le reste de la journée à me perdre dans le centre historique. Les rues pavées, les bâtiments coloniaux et les nombreuses églises donnent beaucoup de charme à Quito. Mon coup de cœur est sans hésiter la Basilique del Voto Nacional. En plus de son architecture impressionnante, ses gargouilles représentent des animaux emblématiques de l'Équateur, comme les iguanes, les tortues ou encore les caimans.
Au-dessus de la ville veille la Virgen del Panecillo, visible presque partout.
Le lendemain, motivé par le ciel parfaitement dégagé, je décide de prendre le TelefériQo pour faire l'ascension du Rucu Pichincha (4 696 m). La montée se passe plutôt bien, mais la descente est beaucoup plus compliquée. Je souffre d'un important mal des montagnes. Passer du niveau de la mer à près de 4 700 mètres d'altitude en seulement trois jours est clairement une mauvaise idée !
Le soir même, je prends un bus de nuit en direction de la réserve de Cuyabeno, en Amazonie. La redescente en altitude me fait le plus grand bien !
Amazonie (4 jours)
Pour mon séjour en Amazonie, je choisis le Piranha Lodge, sur les conseils de Tout Équateur.
Après une nuit de bus depuis Quito, une pirogue nous emmène enfin au Piranha Lodge, au cœur de la réserve de Cuyabeno.
Pendant les trois jours suivants, les explorations s'enchaînent : balades en pirogue sur les rivières, marches de jour comme de nuit dans la forêt et observation d'une faune incroyable. Singes, oiseaux, caïmans, insectes et même les célèbres dauphins roses sont au rendez-vous.
Mon dernier jour est beaucoup plus calme. Je me retrouve seul au lodge et il pleut sans interruption du matin au soir. Heureusement, j'adore pêcher. J'ai donc passé une bonne partie de la journée une canne à la main, à attraper des piranhas qui finiront dans mon assiette le soir même ! Si je n'avais pas aimé la pêche, j'aurais probablement trouvé le temps un peu long
Le lendemain, dès la première heure, je reprends la pirogue jusqu'à l'embarcadère avant d'enchaîner deux bus : le premier vers Nueva Loja, puis un second pour retourner à Quito.
Cette immersion en Amazonie restera l'un de mes meilleurs souvenirs du voyage. Même si l'on croise parfois les visiteurs des autres lodges, on se sent réellement plongé au cœur de la forêt. Entre la richesse de la faune, la végétation luxuriante, la qualité de l'accueil au Piranha Lodge et les excellents repas, c'est une étape que je recommande sans hésiter. Le rapport qualité-prix est, selon moi, excellent.
Acclimatation à Punanti, autour du Cayambe (6 jours)
Avant de me lancer dans l'ascension du Cotopaxi, je décide de passer quelques jours à m'acclimater en altitude. Direction le refuge de Punanti, au pied du Cayambe, au sein de la communauté de La Chimba.
Je profite tout de même de ma dernière matinée à Quito pour découvrir la ville en pleine célébration du Día del Niño. La Plaza Grande est très animée, l'ambiance est festive et j'en profite pour visiter l'Iglesia de la Compañía de Jesús. Son intérieur, entièrement recouvert de feuilles d'or, est tout simplement spectaculaire. Parmi toutes les églises que j'ai visitées en Équateur, c'est sans doute celle qui m'a le plus impressionné.
En début d'après-midi, je prends la route vers le nord du pays. Après plusieurs bus et un dernier trajet en taxi, j'arrive enfin au refuge de Punanti. Perché à 3600 mètres d'altitude, le décor change complètement : les rues animées de Quito laissent place à de vastes étendues sauvages dominées par l'imposant volcan Cayambe. C'est ici que va commencer ma véritable acclimatation.
Les premiers jours me rassurent sur le mal des montagnes que j'avais ressenti à Quito. Avec le recul, je pense qu'il était surtout dû à la fatigue du voyage et à une montée en altitude beaucoup trop rapide. Ici, je me sens bien et je profite pleinement de cette période d'acclimatation.
Antoine, le propriétaire suisse du refuge et guide de montagne, ne m'épargne pas sur les randonnées, mais c'est un vrai plaisir de partager ces quelques jours avec lui. Même lorsque les nuages cachent une partie des paysages, la bonne humeur reste toujours au rendez-vous. Il me donne de précieux conseils, aussi bien pour ces premiers jours en altitude que pour ma future ascension du Cotopaxi. Très ouvert à la discussion, nous découvrons rapidement que nous partageons plusieurs passions… dont Football Manager, qui deviendra rapidement un sujet récurrent de nos conversations 😂.
Les trois derniers jours, les choses sérieuses commencent. Nous partons en bivouac afin de poursuivre mon acclimatation et passons deux nuits à près de 4 500 mètres d'altitude, au pied du majestueux volcan Cayambe. Cette fois, la météo est de notre côté et nous avons la chance d'admirer le volcan entièrement dégagé, un spectacle magnifique.
Nous réalisons également une ascension à près de 5 000 mètres d'altitude. Le mal des montagnes refait alors son apparition, mais cette fois encore, je l'attribue surtout à l'accumulation de la fatigue des jours précédents.
Six jours très intenses, mais vraiment nécessaires pour bien se préparer avant de tenter l'ascension de l'un des trois plus hauts sommets d'Équateur. Au-delà de l'aspect physique, cette étape m'a permis de mieux comprendre l'importance de l'acclimatation et de prendre davantage confiance pour la suite du voyage.
J'y ai découvert des paysages magnifiques, vécu une vraie immersion en montagne et surtout fait une belle rencontre avec Antoine et toute son équipe. Mais même sans objectif d'ascension, le refuge de Punanti mérite largement le détour. Si vous aimez la nature, les randonnées (plusieurs sentiers balisés partent du refuge et peuvent se faire en autonomie), l'escalade ou simplement prendre le temps de profiter d'un cadre exceptionnel, c'est un endroit parfait.
Le refuge est confortable, on ne manque de rien, la nourriture est délicieuse… et je ne vous ai même pas parlé du jacuzzi avec vue sur les montagnes ! Un vrai plaisir après une journée de marche.
Cette parenthèse autour du Cayambe restera finalement bien plus qu'une simple préparation pour le Cotopaxi : ce fut une véritable expérience de montagne et l'un des moments forts de mon voyage en Équateur.
Retour à Quito… et la mésaventure du voyage (1 jour)
Après ces quelques jours passés en montagne, je dois rejoindre Latacunga pour retrouver mon guide et tenter l'ascension du Cotopaxi. En chemin, je fais une halte à Cayambe. Nous sommes le dimanche du Corpus Christi et la place centrale est superbement décorée. L'église est pleine de vie, les habitants sont réunis pour les célébrations et l'ambiance est particulièrement chaleureuse.
Je reprends ensuite la route en direction de Latacunga. Mais lors d'un dernier changement de bus, au bord de la Panaméricaine, je réalise que mon portefeuille a disparu. L'ai-je perdu ? M'a-t-on volé ? Encore aujourd'hui, je n'en ai aucune idée.
Me voilà en pleine campagne équatorienne, sans argent, sans carte bancaire et sans aucun papier d'identité. Avec le recul, je me rends compte de l'erreur que j'avais commise : avoir centralisé tous mes moyens de paiement et mes documents au même endroit.
Heureusement, cette mésaventure m'a aussi permis de découvrir l'incroyable gentillesse des Équatoriens. Trois personnes s'arrêtent pour m'aider, prennent le temps de chercher une solution avec moi et vont même jusqu'à me donner une vingtaine de dollars afin que je puisse rentrer à Quito. Un geste que je n'oublierai jamais.
De son côté, Isabelle, de Tout Équateur, remue ciel et terre pour tenter de retrouver mon portefeuille en contactant la compagnie de bus. Un dimanche soir, les chances sont malheureusement très faibles, mais elle ne ménage pas ses efforts.
Le lendemain, elle passe une grande partie de la journée à mes côtés pour m'aider dans toutes les démarches : refaire mes papiers, récupérer de l'argent et trouver des solutions pour que je puisse poursuivre mon voyage. Sans son aide, cette aventure aurait probablement pris une tout autre tournure. Je ne la remercierai jamais assez.
Avec un portefeuille en moins mais une immense reconnaissance envers toutes les personnes qui m'avaient aidé, j'étais enfin prêt à reprendre la route.
Boucle de Quilotoa (2 jours)
Après cette petite erreur de parcours, je dois enfin rejoindre mon guide pour tenter l'ascension du Cotopaxi. Mais cette fois-ci, c'est la météo qui vient bouleverser mes plans. Alors que je suis en route pour Latacunga, mon guide m'appelle et me conseille de repousser l'ascension : les conditions sont mauvaises et les chances d'atteindre le sommet sont très faibles.
Je décide donc de changer une nouvelle fois mon itinéraire et de partir découvrir la célèbre boucle de Quilotoa. Le seul problème, c'est que nous sommes mardi et que j'ai rendez-vous avec mon guide dès le jeudi. Deux jours seulement pour une randonnée qui se parcourt habituellement en trois ou quatre. Est-ce que ça me fait peur ? Pas du tout !
Après avoir laissé mon gros sac à Latacunga, je prends un bus jusqu'à Sigchos, puis un taxi vers Isinliví (13 $). Le chauffeur se transforme presque en guide tant il me parle de la région, tandis que les paysages qui défilent derrière la vitre sont déjà magnifiques.
J'arrive à Isinliví en fin d'après-midi. Le village est minuscule, mais je le trouve plein de charme. Son église domine les environs et offre un cadre paisible, parfait pour profiter de cette première étape avant la longue journée qui m'attend.
Le lendemain, le réveil sonne à 6 heures. Mon objectif est ambitieux : rejoindre directement Quilotoa dans la journée. Dès les premiers kilomètres, la vallée se dévoile sous une lumière magnifique. Je croise de nombreux enfants qui partent à l'école et des habitants qui commencent leur journée de travail. Peu à peu, les villages disparaissent et je me retrouve presque seul sur les sentiers… à l'exception de quelques vaches qui semblent avoir décidé de me barrer le passage.
En fin de matinée, j'arrive à Chugchilán où je fais une pause bien méritée dans la boulangerie du village. Pour beaucoup de randonneurs, cette étape marque la fin de la journée. Pour moi, ce n'est que la moitié du parcours.
Je repars en direction de la lagune de Quilotoa. Cette seconde partie est tout aussi spectaculaire. Sous un soleil de plomb, je traverse des cultures et plusieurs petites communautés andines. Les paysages changent constamment et chaque virage offre une nouvelle vue.
La dernière montée, en début d'après-midi, est sans doute la plus difficile. La chaleur et le dénivelé commencent à peser dans les jambes. Mais une fois arrivé au sommet, tous les efforts sont oubliés. La vue sur la lagune de Quilotoa est tout simplement incroyable. Son eau turquoise contraste avec les parois du cratère et le spectacle est à la hauteur de sa réputation.
Je termine la journée en faisant le tour d'une partie de la lagune avant de rejoindre le village de Quilotoa. En revanche, celui-ci me laisse plutôt indifférent. Très touristique, il a, selon moi, beaucoup moins de charme que les paysages qui l'entourent.
Après cette longue journée de marche, je passe la nuit sur place. En me promenant dans le village, je découvre une variante locale du volley-ball, l'Equavolley, très populaire en Équateur. Une belle façon de terminer cette journée avant de repartir vers de nouvelles aventures.
Avec le recul, ce n'était peut-être pas l'idée la plus raisonnable. Je pense qu'il est préférable de parcourir la boucle en trois jours afin de profiter pleinement des paysages et des villages traversés. Mais c'est aussi ce qui fait le charme d'un voyage qui n'est pas figé : savoir s'adapter aux imprévus et sortir de sa zone de confort.
Le lendemain matin, en attendant le bus à la sortie du village, j'observe les habitants monter dans des voitures qui font office de taxis collectifs. Je fais comme eux et rejoins ainsi Zumbagua, où je peux prendre un bus en direction de Latacunga.
Cette fois, je vais enfin rencontrer Miguel, mon guide pour l'ascension du Cotopaxi. Et là, je me dis que plus rien ne pourra m'arrêter. La météo s'est nettement améliorée et, depuis le bus, j'aperçois déjà au loin la silhouette parfaite du volcan. Impossible de ne pas ressentir un mélange d'excitation et d'impatience : après tous ces contretemps, le grand moment semble enfin être arrivé.
Cotopaxi (2 jours)
Direction le parc national du Cotopaxi ! Après un petit arrêt pour manger et vérifier une dernière fois le matériel, nous nous enregistrons à l'entrée du parc. Une légère averse de neige nous accompagne jusqu'au parking situé au pied du refuge José Rivas, où quelques chevaux sauvages se promènent tranquillement.
Heureusement, le ciel se dégage rapidement. Après une heure de marche jusqu'au refuge, j'aperçois de nouveau le sommet du Cotopaxi. Cette fois, c'est la bonne.
Après un dîner rapide et un coucher de soleil aussi magnifique qu'éphémère, il est temps de dormir. Enfin… d'essayer. Le réveil est programmé à 23 h pour un départ à minuit, mais je ne fermerai finalement pas l'œil de la soirée. Impossible de trouver le sommeil avec l'excitation qui monte.
À minuit, nous quittons le refuge à la lampe frontale. Dès les premiers mètres, tout se passe parfaitement. Aucune trace du mal des montagnes et, physiquement, je me sens en pleine forme. C'est du plaisir du début à la fin.
Nous sommes une dizaine de cordées à partir presque en même temps, mais les rythmes sont différents et les groupes s'étirent rapidement. Arrive ensuite la partie sur le glacier. J'enfile des crampons pour la toute première fois et je les trouve très intuitifs à utiliser. Quant au piolet, il est surtout utile dans les passages les plus pentus ; le reste du temps, je m'en sers davantage comme d'un bâton de marche.
Au fil des heures, la fatigue commence malgré tout à se faire sentir. Chaque pas demande un peu plus d'effort, mais je n'ai toujours aucun symptôme du mal des montagnes. Je repense alors à Antoine et à cette semaine d'acclimatation… particulièrement intense 😂. À cet instant, je le remercie intérieurement : sans cette préparation, je suis persuadé que l'ascension aurait été bien plus compliquée.
Peu à peu, le jour se lève. Les premiers rayons du soleil dévoilent un panorama exceptionnel. J'aperçois les sommets qui entourent le Cotopaxi, du Cayambe jusqu'au Chimborazo, avec Quito qui apparaît au loin. Le spectacle est incroyable.
Les dernières pentes sont de loin les plus difficiles. À ce stade, ce n'est plus une question de jambes, mais de mental. Puis vient enfin le sommet.
Et là… tout le reste disparaît.
La vue sur le cratère, les volcans à perte de vue, le sentiment d'accomplissement… Faire un sommet de près de 6 000 mètres est une expérience que je n'aurais jamais imaginé vivre quelques années plus tôt. Encore aujourd'hui, en écrivant ces lignes, j'ai du mal à croire que j'y suis arrivé. C'est une sensation difficile à décrire, mais absolument unique.
Nous profitons de longues minutes au sommet, ce qui est assez rare tant la météo y est souvent capricieuse. Les températures, elles, me paraissent finalement assez supportables. En revanche, mon téléphone et ma GoPro semblent beaucoup moins apprécier le froid et décident de faire un véritable AVC en direct ! Heureusement, j'ai tout de même le temps d'immortaliser ce moment avec quelques photos.
Il est ensuite temps d'entamer la descente… et ce n'est clairement pas ma partie préférée. Sur la glace, je goûte à plusieurs reprises aux joies des petites glissades. C'est… très rafraîchissant ! 😂 Plus nous descendons, plus je regarde derrière moi en me demandant : « Sérieusement… j'ai grimpé tout ça ? » De nuit, les pentes paraissaient beaucoup moins impressionnantes.
Nous retrouvons finalement le refuge aux alentours de 9 heures, où un petit-déjeuner bien mérité nous attend. Quelques heures plus tard, je reprends déjà la route, direction Cuenca, la troisième plus grande ville d'Équateur.
Si je ne devais retenir qu'une seule journée de ce mois en Équateur, ce serait sans hésiter celle-ci. L'ascension du Cotopaxi représentait l'objectif principal de mon voyage et, malgré les doutes, les reports liés à la météo et les semaines de préparation, atteindre son sommet restera probablement l'un des plus beaux souvenirs de toutes mes aventures.
Et le plus fou dans tout ça ? À peine redescendu, je n'avais déjà qu'une seule envie : recommencer.
Cuenca (4 jours)
Après l'intensité des derniers jours et l'ascension du Cotopaxi, je profite de quelques journées beaucoup plus tranquilles à Cuenca. C'est une ville où il fait bon ralentir le rythme, flâner dans les rues et prendre le temps de s'imprégner de son ambiance.
Je commence par visiter le musée Pumapungo, que j'ai trouvé passionnant. Il retrace l'histoire des différentes cultures de la région grâce à de nombreuses reconstitutions grandeur nature. Une visite que je recommande vivement pour mieux comprendre l'histoire de l'Équateur.
Le reste du temps, je me perds volontiers dans le centre historique, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Entre les bâtiments coloniaux, les nombreuses églises et les ruelles pavées, Cuenca possède un charme particulier. Lors de mon passage, la ville célèbre encore le Corpus Christi. La cathédrale est entourée de centaines de marchands de confiseries proposant les spécialités locales, tandis que le parc Calderón devient un véritable lieu de vie où habitants et visiteurs se retrouvent. J'y assisterai même au premier match de l'Équateur pour la Coupe du monde… finalement gâchée par une défaite dans les toutes dernières minutes.
À quelques pas de là se trouve également la Plaza de las Flores, un marché aux fleurs quotidien particulièrement photogénique. Les bouquets colorés contrastent parfaitement avec les dômes bleus de la cathédrale de l'Immaculée-Conception, sur lesquels il est possible de monter pour profiter d'une belle vue sur la ville.
Comme souvent pendant ce voyage, les marchés sont devenus mes endroits préférés pour découvrir la gastronomie locale. Je déjeune ainsi plusieurs fois au Mercado 10 de Agosto, où l'on trouve de nombreux stands proposant des plats traditionnels et d'excellents jus de fruits frais pour quelques dollars seulement. Une adresse parfaite pour goûter à la cuisine équatorienne sans se ruiner.
Je profite également de mon séjour pour partir une journée au parc national Cajas. C'est une excursion très facile à organiser : il suffit de monter dans un bus en direction de Guayaquil et de demander au chauffeur de s'arrêter à l'entrée du parc. Au retour, après une dizaine de minutes d'attente, un autre bus me récupère directement au bord de la route.
J'y réalise une randonnée d'une dizaine de kilomètres reliant deux points différents. Depuis la Laguna Toreadora, je monte jusqu'au Cerro San Luis, qui offre une magnifique vue à 360° sur les innombrables lagunes du parc.
Je redescends ensuite à travers une forêt de polylepis, l'un des rares arbres capables de pousser à cette altitude. Avec leurs troncs tordus et leur écorce si particulière, ces arbres donnent au paysage une ambiance presque fantastique. La randonnée se termine au milieu des lagunes, des rivières et des vastes étendues sauvages. Malgré une seule journée sur place, le parc national Cajas est un immense coup de cœur. Ses paysages sont totalement différents de ceux rencontrés dans le reste du pays.
En rentrant à Cuenca, je fais un détour par la Feria Libre, l'un des plus grands marchés d'Équateur. En fin d'après-midi, l'ambiance est un peu retombée, mais cela reste une visite étonnante. On s'y perd facilement entre les montagnes de fruits et légumes, les épices, les céréales, les étals de viande et les innombrables petits commerces.
Impossible de quitter Cuenca sans goûter au fameux cuy asado (cochon d'Inde rôti). Je choisis le restaurant Guajibamba, que je recommande sans hésiter. La décoration est soignée, le service est chaleureux et le repas excellent. La viande m'a rappelé celle du lapin par sa texture, mais son goût est vraiment unique, notamment grâce au mélange entre la chair, le gras et la peau grillée et croustillante. En revanche, un cochon d'Inde entier est très copieux : à la fin du repas, cela devient un peu écœurant lorsqu'on est seul à le manger !
Lors de mon dernier jour, je découvre une autre spécialité de la région : le célèbre chapeau Panama. Je visite le Museo del Sombrero de Paja Toquilla afin d'en apprendre davantage sur sa fabrication. J'avoue toutefois être resté un peu sur ma faim, la visite étant assez courte. Pour terminer mon séjour, je passe une excellente soirée à la microbrasserie Roku. Amateur de bière artisanale, je ne pouvais pas rêver d'une meilleure façon de conclure cette étape.
Finalement, Cuenca aura été une véritable parenthèse dans ce voyage. Après les longues randonnées, les nuits en refuge et l'ascension du Cotopaxi, j'ai apprécié de ralentir le rythme, de prendre le temps de découvrir la ville, ses marchés, sa gastronomie et ses habitants. Quant au parc national Cajas, il mériterait à lui seul plusieurs jours supplémentaires tant ses paysages m'ont marqué.
Riobamba et Quito (2 jours)
Après quatre jours à Cuenca, il est déjà temps de reprendre la route vers le nord. Mon vol pour les Galápagos part de Quito et, plutôt que de faire le trajet d'une traite, je décide de couper le voyage avec une nuit à Riobamba.
Je profite de cette courte étape pour découvrir le centre-ville. Riobamba m'a paru assez classique comparée à d'autres villes équatoriennes, mais comme partout dans le pays, les églises et les cathédrales ne déçoivent jamais. Même pour une simple étape, cela permet de découvrir une nouvelle facette de l'Équateur.
Le lendemain, je poursuis ma route vers Quito pour ma dernière nuit dans le centre historique, que j'avais découvert au début de mon voyage, cette fois avec beaucoup plus de recul. J'en profite pour faire quelques achats et notamment rapporter du délicieux chocolat d'Indemini Baez Chocolate.
Je me rends également au pied de la Virgen del Panecillo. Elle m'avait accompagnée pendant mes premiers jours à Quito, visible depuis de nombreux endroits de la ville, et je ne pouvais pas repartir sans aller la voir de plus près.
Pour y accéder, mieux vaut prendre un taxi ou un Uber, notamment parce que le trajet à pied traverse des quartiers peu recommandés. Le mieux est de demander au chauffeur de vous attendre en haut : en une trentaine de minutes, il est tout à fait possible de faire le tour du site et de profiter du panorama.
La vue sur Quito est très jolie, même si, à mon avis, elle reste nettement moins impressionnante que celle offerte depuis le TelefériQo.
Il ne me reste maintenant plus qu'une dernière étape… et pas des moindres : les îles Galápagos.
Galapagos (7 jours)
Pour les îles Galápagos, j'ai choisi de les découvrir en croisière. C'est la meilleure façon, à mon avis, de découvrir un maximum d'îles, notamment certaines qui sont totalement inaccessibles autrement. C'est évidemment un budget, mais j'ai pu me le permettre grâce, une nouvelle fois, à Tout Équateur et à un tarif de dernière minute.
Les Galápagos constituent un archipel d'une quarantaine d'îles. Pour cette semaine, j'ai choisi de parcourir la partie Est, du nord au sud, de Genovesa jusqu'à Floreana.
C'est également une première expérience pour moi : vivre pendant une semaine sur un bateau. Notre bateau est relativement petit et nous sommes une petite quinzaine, équipage compris. Cette taille réduite rend l'expérience beaucoup plus conviviale et permet rapidement de créer une petite ambiance de groupe. La vie sur le bateau est plutôt fatigante : on faisait une grosse partie des trajets la nuit, donc lorsque la mer est agitée, il est très difficile de dormir. Et je ne vous parle même pas des douches ! Il y a aussi le fait que, dès que je me déplace, j'ai l'impression d'être totalement bourré ! Et ce sentiment a duré plusieurs jours après avoir débarqué : après une semaine à tanguer, une fois de retour sur terre, notre cerveau est complètement perdu !
La nuit, l'ambiance est encore différente. À plusieurs reprises, nous avons éclairé l'eau avec nos lampes et aperçu de gros requins tourner autour du bateau. Les voir évoluer dans le noir, juste sous nous, était vraiment impressionnant.
Notre guide, Jorge, participe largement à cette bonne ambiance. Chaque soir, lors de nos briefings, il nous présente le programme du lendemain… mais surtout nous montre ses talents de dessinateur. Ses croquis permettent de mieux comprendre les animaux que nous observerons pendant la journée et rendent ces briefings encore plus intéressants.
Dès les premières marches sur les îles inhabitées, on comprend que l'on vient d'entrer dans un endroit vraiment particulier. La densité d'animaux est impressionnante : oiseaux, iguanes, otaries… Il y en a absolument partout et surtout, ils sont très peu farouches. Nous devons parfois faire des détours simplement pour éviter de déranger une otarie installée au milieu du chemin ou des oiseaux occupés à couver leur nid. On n'est clairement pas chez nous, mais chez eux.
Et malgré les quelques dizaines de kilomètres qui séparent parfois les différentes îles, chacune possède sa propre identité. Les paysages changent, parfois subtilement, parfois radicalement, et la faune varie également. Certaines îles sont particulièrement riches en oiseaux, d'autres sont dominées par les iguanes ou les otaries, tandis que certaines sont presque totalement dépourvues de vie et semblent se résumer à d'immenses étendues de roches volcaniques. On retrouve aussi de nombreuses espèces endémiques propres à certaines îles, ce qui rend chaque débarquement différent du précédent. Même les flamants roses font partie du spectacle, notamment dans certaines lagunes.
Les traversées entre les îles réservent elles aussi de belles surprises. Nous avons croisé plusieurs fois des dauphins, mais l'une des rencontres les plus impressionnantes a eu lieu alors qu'un groupe s'est placé juste devant le bateau. Pendant un moment, ils nous ont accompagnés en sautant régulièrement devant la proue, comme s'ils avaient décidé de faire la course avec nous.
Les otaries sont probablement celles qui m'ont le plus amusé. On en retrouve presque partout et elles sont particulièrement curieuses et joueuses, surtout les plus jeunes qui restent dépendantes de leur mère pendant plusieurs années. Sur terre, elles se prélassent sur les rochers ou s'installent en plein milieu des chemins, totalement indifférentes aux touristes qui les observent.
Dans l'eau, c'est encore plus impressionnant. Elles viennent parfois presque nous toucher avec leur museau et semblent prendre un malin plaisir à jouer autour de nous. Leur agilité sous l'eau n'a absolument rien à voir avec leur démarche un peu maladroite sur la terre ferme !
Et puis il y a le snorkeling. Nous avons généralement une ou deux sessions par jour et, très vite, ce sont devenues mes activités préférées. J'ai eu la chance de nager avec des pingouins, des tortues, des requins, dont des requins-marteaux, des raies et une multitude de poissons aux formes et aux couleurs parfois totalement improbables.
Chaque plongée réserve son lot de surprises. On ne sait jamais ce qui va apparaître quelques mètres plus loin et cette sensation de découvrir la faune dans son environnement naturel est tout simplement incroyable.
Nous avons tout de même eu une journée sans snorkeling… à cause de requins jugés trop gros et présentant un risque d'attaque. Autant dire que l'annonce était plutôt rassurante : après tout, lorsque les guides eux-mêmes préfèrent nous garder sur le bateau parce que les requins sont trop gros, on évite de discuter ! 😂
Le dernier jour, je découvre enfin un animal emblématique des Galápagos : les tortues géantes. Après avoir nagé avec leurs cousines marines, les voir évoluer tranquillement au milieu de la végétation est une expérience totalement différente. Leur taille est impressionnante et les observer avancer lentement dans leur environnement donne vraiment l'impression de remonter le temps.
Après sept jours, il est déjà temps de quitter les Galápagos. Et pour terminer ce voyage sur une dernière touche équatorienne, j'assiste à la retransmission du match de l'Équateur contre l'Allemagne, décisif pour la qualification en seizième de finale de la Coupe du monde. Une dernière soirée qui me replonge immédiatement dans l'ambiance du pays avant de prendre le chemin du retour.
Au fil des jours, j'ai réalisé que les Galápagos sont probablement l'endroit où j'ai eu le sentiment le plus fort d'être immergé dans la nature. Ici, les animaux ne semblent pas avoir appris à avoir peur de l'homme et c'est précisément ce qui rend les rencontres aussi extraordinaires.
Cette semaine aura finalement été à l'image de tout mon voyage : extrêmement riche, parfois fatigante, souvent imprévisible, mais surtout remplie de moments que je n'aurais jamais imaginé vivre.
Bilan du voyage
C'était ma deuxième expérience en Amérique du Sud, après l'Argentine en 2019, un voyage que j'avais beaucoup aimé. J'avais donc hâte de redécouvrir cette région du monde et je n'ai pas été déçu. L'ambiance, la diversité des paysages, la nourriture… autant de raisons pour lesquelles je recommande vivement l'Équateur.
Mais personnellement, ce sont surtout les aventures vécues pendant ce mois qui resteront gravées dans ma mémoire : les nombreuses randonnées, les bivouacs avec Antoine, mes premiers pas en alpinisme, l'ascension du Cotopaxi et cette semaine hors du temps passée sur un bateau aux Galápagos.
Et puis, comme dans chaque voyage, il y a toutes les personnes que l'on rencontre en chemin. Que ce soit cinq minutes dans un commerce, le temps d'une soirée, d'une randonnée ou de plusieurs jours partagés ensemble… Locaux, guides, voyageurs de passage : chacune de ces rencontres apporte quelque chose au voyage.
Avec le recul, je crois que c'est peut-être même ce dont je me souviens le plus. Les paysages sont magnifiques, les aventures sont mémorables, mais ce sont les personnes que l'on croise qui donnent véritablement une âme au voyage.
L'Équateur m'aura finalement offert bien plus qu'un mois de découverte : un mois d'aventures, de rencontres et de souvenirs que je garderai longtemps.
Dorian
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